Henri-Louis GO

Henri Louis Go est docteur en philosophie, et docteur en sciences de l’éducation.
Il est maître de conférences, habilité à diriger des recherches (Université de Lorraine). Il a dirigé l’équipe Normes & Valeurs du LISEC de 2013 à 2017.

Après avoir enseigné quelques années en Cours préparatoire dans une école Freinet expérimentale, il est devenu professeur de philosophie en lycée, puis formateur à l’IUFM de l’Académie de Nice. Ses travaux universitaires portent sur la philosophie de l’éducation, la didactique, et l’œuvre pédagogique d’Élise et Célestin Freinet (il est directeur scientifique de l’École Freinet).

Ouvrages

Jamais notre système éducatif n’a été autant remis en question que ces dernières années. Alors que la France régresse dans le classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), les pédagogies alternatives sont au coeur de l’actualité.
Depuis un siècle, le mouvement de l’Éducation nouvelle, regroupant une pluralité d’acteurs engagés, tente d’envisager d’autres modalités de socialisation et de scolarisation des jeunes générations. Seulement, pour savoir si ces pédagogies peuvent répondre indirectement aux défis de l’actualité, encore faut-il les connaître avec précision.
Cet ouvrage revisite un épisode marquant du monde de la pédagogie pendant l’entre-deux-guerres, par le prisme de son histoire et de ses acteurs. Les trajectoires et itinéraires (de vie, de formation, etc.) de Montessori, Claparède, Decroly, Freinet, Piaget, Makarenko, et d’autres moins célèbres sont ainsi mis en lumière. Ils nous permettent de mieux saisir leur vie, leur pensée, leurs apports, leurs réalisations, et la progression de leurs oeuvres qui se sont diffusées sous des formes multiples jusqu’à nous.

La philosophie, qui commence dans l’etonnement, est un “passage a l’obscur” dans le sens ou elle est pro-vocation d’une situation adidactique. La sagesse que cherche la philosophie ne devrait alors pas etre construite comme systeme de “vision du monde”, elle devrait se faire l’abandon de toute weltanschauung. Ce mouvement de creusement de nos idees correspond a un “materialisme pratique” (marx-engels), dans la mesure ou nous devrons penser les conditions concretes de l’existence humaine dans l’activite, pour instituer le sens de la vie bonne. Ce sens passe par la reconnaissance complete de l’obscurite du “vivre-incarne”, antepredicatif. L’intuition de cette obscurite du fait existentiel est portee a son expression la plus haute dans l’art, rapport d’etrangete au reel, mais experience de realite comme rencontre de l’inconnu. Cette experience conduit a la decouverte de la profondeur de “l’homme interieur”, passage sous la subjectivite, et camera obscura d’un moi ideel ou ideologique. La sagesse consiste desormais dans le creusement de la question politico-ethique du mitsein.

Pour contribuer à changer la société dans ledans la classe, en développant des techniques sens de la démocratie sociale, un éducateur doit nécessairement changer sa manière d’agir favorables à la vie, par la suppression du hiatus entre l’école et le milieu. C’est cette idée de «nouvelle école» que Freinet s’efforça de mettre en œuvre dans sa réserve d’enfants, fondée le 24 août 1935 sur une colline de Vence (06), dans l’optique d’approfondir le rapport entre les finalités éducatives et leur moyen (la forme utilisée). Ma problématique est de contribuer à penser la possibilité d’une reconstruction de la forme scolaire contemporaine, notamment en saisissant la forme générique du contrat didactique dans cette école. Cette ouverture de la forme scolaire se comprend d’abord comme fabrication d’un paysage, et comme institution de techniques spécifiques du corps. L’idée de la réserve est celle d’un endroit où l’on prend le plus grand soin de constituer ce milieu indispensable. Organiser le milieu, c’est rendre possible des transactions : l’école doit être structurée en direction d’un milieu environnant, et instituée elle-même en tant que milieu de vie.

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